A l’origine du projet HUmanBeing

 

Le premier article de ce blog sera sans doute un peu long dans la mesure où il se propose de présenter la genèse du projet HUB-HumanBeing. Il y a maintenant un peu plus d’un an que l’idée d’une plate-forme de partage et de mise en lien des projets collaboratif et des compétences à vu le jour.

Ce projet est né pour répondre à un espoir et à une frustration qui ont tout deux pris leurs sources dans le mouvement social du printemps dernier.

L’espoir entrevu durant les premiers moments du mouvement contre la loi travail, où des dizaines et des dizaines de projets en tout genre ont vu le jour sur les places dans une dynamique joyeuse, créative et très spontanée. On partait en un quart d’heure pour un « Apéro chez Valls « , tandis que des amateurs de vidéo créaient une télé avec des bouts de ficelle, des cantines s’organisaient en lien avec des équipes qui récupéraient les invendus sur les marchés pour assurer le repas prix libre ou gratuit des autres participants…

Là ou certains voyaient un manque, une nécessité, ils s’organisaient et venaient répondre à ce besoin, gratuitement, spontanément, à la manière dont certains participent à la construction de Wikipédia : en apportant et en partageant le produit de leurs connaissances, de leurs compétences et de leurs créativités, et en le mettant en commun.

Je suis encore à ce jour fasciné par les pratiques de partage peer-to-peer, de développement collaboratif, et toutes ces pratiques qui font qu’une bonne partie du web est un espace de liberté et de gratuité. Et c’était comme si toutes ces pratiques, ce « mode de production » collaboratif et non marchand de l’immatériel se « re-matérialisait » sur les places. Nous sommes nombreux alors à avoir commencé à imaginer une organisation sociale entière qui partirait de ces bases, en voyant se réaliser devant nous l’adage : « de chacun selon ses possibilités, à chacun selon ses besoins ».

Et en même temps toutes ces interactions étaient très limitées : il était impossible de pouvoir s’investir dans le moindre projet sans être présent quotidiennement sur la place. Il était difficile de retrouver les personnes potentiellement intéressé par nos projets, ou de retrouver les projets correspondant à nos compétences et notre envie de s’investir sans passer des heures à écouter des AG interminables. Sans compter la limite évidente de la nécessité d’être présent physiquement sur la place pour pouvoir participer.
Ainsi, et malgré le formidable dynamisme qui a animé ces places, on peut dire à mon sens qu’au moins 80 % des bonnes idées n’ont pas abouti. Non pas parce qu’il n’y avait pas suffisamment de monde motivé pour s’investir et les mener a bien, non pas parce que personne n’était prêt a partager le matériel nécessaire a la réalisation des projets, mais plus simplement parce que le lien communicationnel ne s’est pas fait, n’a pas pu se faire en raison des moyens de communication existants alors.

Ces moyens consistaient essentiellement en des dialogues, soit limitées par le faible nombre d’interlocuteurs avec lesquels nous pouvons discuter, soit limité par la forme assemblée-générale où il faut prendre un tour de parole et attendre de manière interminable que soient dites des infos qui ne nous concernent pas. Des panneaux d’affichages ont été initiés, mais très rapidement ils se retrouvaient saturés d’informations, noyés.

C’est ainsi, et pour remédier à cette limitation, qu’a petit a petit germé l’idée d’une plate-forme web dédiée a la mise en relation des projets avec les compétences et les envies de chacun, une plateforme qui assurerais aussi un support-organisationnel pour les projets, et qui serait aussi en mesure de soutenir le partage et la gratuité en mettant en lien les besoin et les ressources de chacun. Cette plate-forme serait modérée horizontalement par la communauté des utilisateurs.

Et à partir de là, on a commencé à pouvoir imaginer, concevoir, rêver les moyens par lesquels une communauté toujours plus grande pourrait s’émanciper de l’argent et de l’état pour entretenir les relations par lesquelles elle produit son existence.

HUmanBeing ne sera  pas le déclencheur d’un mouvement révolutionnaire abolissant les médiations sociales que sont l’état et l’argent, pour cela nous faisons bien plus confiance au cours de la crise de ce rapport social, à sa catastrophe économique, sociale et écologique annoncée.

HUmaBeing ne sera sans doute pas non plus la solution à la problématique « Comment imaginer concrètement la mise en lien de l’ensemble de l’humanité dans la production de son existence sans passer par l’argent ni l’état? ». Nous espérons que ce projet ouvrira la voie sur ce chemin, contribuera à rendre possible et souhaitable un avenir fait de relations immédiates entre des milliards de personnes produisant collaborativement et gratuitement leurs vies.

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